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Le gène MyBPC3 et son action

La mutation MyBPC3 chez le Maine coon

Une mutation ponctuelle (modification d’un seul nucléotide) sur l’un des gènes qui cause l’HCM chez l’homme a été identifiée comme causative d’environ 70% des formes de HCM chez le Maine Coon par séquençage.

Ce gène muté est :

  • Dominant. Il n’y a pas de « porteur sain ». Un allèle muté sur la paire (hétérozygotie) est suffisant pour que la maladie se développe. La dominance s’explique par le fait que le gène code pour une protéine structurelle du cœur. Les gènes récessifs codent plus généralement pour des protéines telles que les enzymes, cas dans lequel presque toutes les protéines doivent présenter une anomalie pour entraîner une pathologie. Dans une pathologie dominante, 50% des protéines produites présentent une anomalie par la mutation d’un allèle (les mammifères ont deux allèles par paire chromosomique).
  • Autosomique. Cela signifie que les deux sexes peuvent être porteurs et développer une HCM en conséquence.
  • A expressivité variable. La gravité de la maladie, son âge d’apparition varient d’un individu atteint à l’autre, y compris au sein d’une même famille (ou lignée).
  • A pénétrance « certainement » INCOMPLÈTE mais à « probabilité croissante » avec l’âge. L’expression de la pathologie varie, mais tous les individus porteurs ne développement pas forcément une HCM à un moment de leur vie. Lors de la découverte de MyBPC3 chez le Maine coon, la théorie fut rapidement de dire que la pénétrance était complète (ce que l’explication théorique du fonctionnement au niveau cardiaque de la mutation semble inextrica-blement justifier !) mais dans les faits, il semble (et c’est même certain !) qu’un ou plusieurs gènes restant à découvrir (on ne le sait pas encore), agissent par inhibition ou « équilibrage » sur la mutation MyBPC3.

ndlr : à l’heure actuel il existe des chats âgés – plus de 12 ans – hétérozygotes n’ayant pas encore développé cliniquement de symptômes de la maladie… d’où la « vraisemblabilité » et non la « certitude » ! Et relativement nombreux sont les maine coons âgés de 8 ans ou plus, hétérozygotes et sans signe de HCM au niveau physiologique !

Au moins un cas de maine coon décédé de mort « naturelle » (n’ayant en tout cas jamais développé de cardiomyopathie) à 14 ans ½ est connu, alors qu’il était ADN+ hétérozygote.

Son fonctionnement

Il s’agit d’une mutation du gène qui permet de coder la protéine C cardiaque de liaison à la myosine (MYBPC pour myosin binding protein C en anglais). Les mutations de ce gène constituent une des causes d’HCM les plus fréquentes chez l’homme.

Cette protéine est l’une des protéines du sarcomère cardiaque (ou élément contractile cardiaque : le sarcomère cardiaque est, dans chaque cellule cardiaque, l’unité de contraction du muscle. C’est un assemblage de protéines « coulissantes ». Grâce à cette fonction « coulissante », le cœur peut se contracter).

Les protéines C cardiaques de liaison à la myosine sont représentées par les « boules bleues » sur le schéma ci-dessous, du sarcomère cardiaque. Ces protéines sont attachées à de nombreuses protéines dans le sarcomère, pour en assurer la stabilité. Les protéines d’actine, en rouge, et les protéines de myosine, les filaments gris-verts, « coulissent ». Les têtes de la myosine, en jaune, doivent venir se loger dans les points de fixation de l’actine pour produire le mouvement. C’est ainsi que, normalement, les cellules cardiaques « raccourcissent », et donc que le muscle cardiaque peut se contracter.

Plus précisément, il s’agit de la mutation d’un codon spécifique dans la séquence du gène codant la protéine C cardiaque de liaison à la myosine (un codon consiste en 3 nucléotides – les « unités » de l’ADN et de l’ARN – qui indiquent aux usines de la cellule quel acide aminé employer). Au lieu d’un codon GCC (guanine-cytosine-cytosine), il y a un codon CCC.

Par conséquent, quand la protéine C cardiaque de liaison à la myosine est fabriquée, le codon CCC implique l’utilisation d’un acide aminé de proline, au lieu d’un acide aminé d’alanine. Donc la protéine assemblée n’est pas la bonne !

La protéine « défectueuse » ne remplit pas son rôle, ce qui désorganise théoriquement un sarcomère cardiaque sur deux. Leur capacité de contraction en est perturbée. En compensation, le muscle cardiaque produit de nouveaux sarcomères pour contre-balancer cela, et à chaque fois, il a une chance sur deux de produire un sarcomère normal, ce qui aboutit au final à un épaississement du muscle. Cet épaississement est justement ce qu’on appelle l’hypertrophie.

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